"Peut-on agir de manière totalement désintéressée?"
Les mardi de 18h 30 à 20h 30,
15, 22, 29 novembre, 6 et 13 décembre 2011
Approches croisées Chine-Occident
Michel Masson, Marc Ballanfat, Jean Levi, Paul Magnin.
Dates Le mardi de 18h30 à 20h30 du 15 novembre au 13 décembre
"Peut-on agir de manière totalement désintéressée?"
Peut-on donner de manière totalement désintéressée? La non-intentionalité est-elle vraiment la norme ultime de l'activité authentiquement morale? Ces questions traversent nos traditions respectives en Asie comme en Occident.
Le premier à "croiser les approches" a été Matteo Ricci (1520-16120) dans son livre en chinois, "La Vraie Doctrine du Seigneur du Ciel". Là, il s'efforce de réfuter la conception néo-confucéenne de la non-intentionalité, en montrant que ce n'est du reste pas la tradition de l'antiquité chinoise.
Pour approfondir la question et bien en saisir toutes les implications, nous examinerons : le Zhuangzi,le Sutra de Vimalakirti, un ouvrage contemporain (Feng Youlan, Nouveau Traité sur l'Homme) et nous élargirons le champ à la Bhagavad-Gītā.
Le lettré chinois :
Persuader les gens de faire le bien et leur interdire de faire le mal à cause des gains (le paradis) ou des pertes (l'enfer) qui résulteront de leur conduite, c'est essayer de profiter de nos bonnes actions et d'échapper aux ennuis en évitant de commettre le mal. Ce n'est pas là aimer le bien et haïr le mal - ce qui devrait être la véritable ambition de l'homme. Nos anciens sages nous ont enseigné à ne pas parler de profit, mais seulement de la vertu d'humanité et de justice. L'homme de bien agit sans motif ultérieur, et certainement sans aucune pensée de gain ou de perte.
(Matteo Ricci, Tianzhu shiyi ["La Vraie Doctrine du Seigneur du Ciel"], chapitre VI).
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