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Résumé

Philippe CHARRU & Yuan SHENG, Jouer Jean-sébastien Bach en France et en Chine - une rencontre musicale à Macao, Macau Ricci Institute, 2011.

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NOUVEAUTE : BACH en Chine

Philippe CHARRU & Yuan SHENG, Jouer Jean-sébastien Bach en France et en Chine - une rencontre musicale à Macao, Macau Ricci Institute, 2011.

Recension par Michel Masson :

Dans ce livre (en chinois, français et anglais), un organiste français qui a joué du Bach à Pékin et un professeur du Conservatoire Central de Pékin s'interroge sur "l'avenir de Bach en Chine"!

Vieille question! Elle était déjà posée, au début des années 60, par FU Lei, le traducteur de Balzac et de Romain Rolland dans ses lettres à son fils FU Chong, le grand interprète de Chopin. Pour les Chinois, écrivait Fu Lei, Bach est trop grand, et ils préfèrent Mozart, Debussy, Chopin.

Qu'en est-il aujourd'hui pour cette toute autre génération de pianistes nés dans les années 1980-1990? "Le nom de Bach suscite une déférence telle auprès des jeunes Chinois qu'ils l'ont placé au sommet d'un piédestal, le considérant comme une divinité intouchable". La pure musique, quasi mathématique, de Bach, avec ses noms génériques ("fugue", "sonate", ...) déroute, alors qu'un titre comme Reflets dans l'eau correspond tout à fait à la culture musicale traditionnelle. Il y aussi les professeurs: comme la plupart ne comprennent pas "la nature profondément mathématique et logique de la structure musicale chez Bach, peu nombreux sont ceux qui se hasardent à effectuer une analyse de la structure de l'oeuvre devant leurs élèves". En quelque sorte, ces derniers "déclament du Shakespeare dans un par coeur irréprochable, mais dans un anglais qu'il ne comprennent pas".

Et encore: "de nombreux jeunes musiciens jouent Bach sans oser laisser s'exprimer des émotions, de peur de jouer du Bach comme ils joueraient du Chopin".

Inévitablement aussi, les étudiants se tournent vers les compositeurs populaires qui remplissent les salles de concert: Chopin, Liszt, Tchaïkovski. C'est ainsi que les jeunes pianistes "surnomment Liszt le 'dieu de la guerre'"!

Et pourtant, Bach gagne lentement du terrain depuis quelques années, grâce à de nouvelles publications et à la venue de musiciens étrangers. Après tout, "si les Occidentaux ont été capables de composer Reflets dans l'eau, alors les Chinois sont tout autant capables d'appréhender la notion de fugue", conclut Yuan Sheng.

Pour se procurer cet ouvrage, contacter l'Institut Ricci à Paris.

actualité créée le 27/09/2011 et modifiée le 27/09/2011
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