Les INSTITUTS RICCI
dans le monde
Les Instituts Ricci perpétuent en Asie, en Europe et en Amérique, la tradition sinologique des jésuites du XVIIème au XXème siècle. Commencé sous l’inspiration et l’impulsion de Matteo Ricci, le long travail de rapprochement et de compréhension entre la Chine et l’Occident se poursuit.
Recherche, enseignement, conférences, colloques, publications scientifiques... sont les voies d’expression habituelles des Instituts Ricci..

TAIPEI
Le premier Institut Ricci a été celui de Taipei, à Taiwan. Il fut fondé en 1966 et rassemblait les Pères Jean Lefeuvre, Yves Raguin, et bientôt Yves Camus, qui poursuivaient le projet du Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise. Mais, les objectifs de l'Institut ne se limitaient pas à ces travaux lexicographiques. Le Concile Vatican II venait de s'achever et on commençait à parler beaucoup «d'inculturation» et de dialogue» avec les cultures locales et les autres religions. L'Institut Ricci était donc chargé d'entreprendre des recherches sur le contexte religieux de Taiwan et sur l'histoire des grandes traditions spirituelles chinoises, notamment le taoïsme et le bouddhisme. C'est ainsi que furent publiés les volumes de la nouvelle série des Variétés sinologiques, fondée en 1892 à Shanghai, pendant que Yves Camus et ses assistants composaient sur ordinateur le manuscrit du Grand Dictionnaire: 13000 caractères et 300000 expressions!
En 1996, le Père Benoït Vermander, s.j. succèda au Père Yves Raguin, s.j. Le Dictionnaire achevé, il lança un mensuel en chinois Renlai (la Flûte humaine»). Cette revue, qui traite des problèmes de société à Taiwan et au-delà, et bénéficie d'une remarquable iconographie, est progressivement devenue une référence dans les milieux intellectuels de Taiwan. Depuis deux ans, Renlai s'est doublée d'une version électronique E-Renlai, tout en développant des projets de collaboration avec des intellectuels de Chine.
Le travail de l'Institut de Taipei s'oriente actuellement autour de trois grands axes :
  • la promotion d'une "culture de la paix" au sein du monde chinois,
  • des recherches autour de l'identité culturelle et religieuse de différents secteurs de la population chinoise, plus spécialement de groupes périphériques ou marginaux ;
  • un dialogue continu avec des intellectuels chinois sur l' "expérience spirituelle" en monde contemporain.
Adresses Web et e-mail
Site : www.riccibase.com
Adresse : riccitpe@seed.net.tw

PARIS
L'Institut Ricci de Paris, lui, fut la création d'un seul homme, le P. Claude Larre. C'était en 1973. Après 17 années en Chine, au Japon et au Vietnam, Claude Larre était habité d'une conviction longuement mûrie: en dépit de la modernisation et des slogans maoïstes, ce sont encore quelques grands textes, ceux du taoïsme ou de la médecine traditionnelle, qui guident les Chinois dans leur manière de vivre et de comprendre le monde. Ces grands textes, ajoutait-il ont aussi un message important pour tout homme, chrétiens compris. Et donc pendant 30 ans, avec sa collègue sinologue Elisabeth Rochat de la Vallée, il a étudié et traduit ces textes et les a commentés à un vaste public en France et à l'étranger.
Fin 1998, l'Institut Ricci de Paris allait consacrer deux ans à terminer l 'informatisation du Grand Dictionnaire et à mener à bien son impression. L'ouvrage en 7 volumes parut en janvier 2001.
Il fut alors dirigé par le P.Michel Masson et M. Michel Cartier (EHESS) ; en 2010, il fut affilié au Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris et, en 2012, cèda son poste à François Hominal.
II offre des enseignements sur les traditions chinoises ainsi que les conférences "Chine plurielle" sur la société chinoise contemporaine tout en publiant en partenariat avec les éditions du Cerf des ouvrages sur l'histoire intellectuelle de la Chine.
Adresses Web et e-mail
Site : www.institutricci.org
Adresse : secretariat@institutricci.org

SAN FRANCISCO
Les origines lointaines de l'Institut de San Francisco se trouvent dans la collecte et l'étude de documents concernant les premiers échanges culturels entre la Chine et l'Occident entreprises par le Père Francis Rouleau (qui avait vécu en Chine de 1929 à 1952) et le Père Thomas Carroll à Los Gatos (Californie). Dès le début des années 1960, ils publièrent des travaux concernant notamment la Querelle des Rites.
En 1984, le Père Malatesta et Thodore Foss fondèrent l' Institute for Chinese-Western Cultural History avec la visée de continuer et développer la tradition jésuite de recherche sinologique.
Les documents recueillis par le Père Rouleau (mort la même année) furent transférés à l'Université (jésuite) de San Francisco. Ce nouveau centre reçut plusieurs bibliothèques et notamment  la bibliothèque de 70000 volumes chinois remontant au XVIIe-XVIIIe siècles, que le Père Albert Chan, historien, diplômé de Harvard,avait réunis en farfouillant chez tous les bouquinistes de Hong Kong pendant des années.
En 1988, cet Institut fut incorporé à l'USF en tant que organe de recherche du "Center for the Pacific Rim" (Centre pour la Rive du Pacifique) sous la dénomination de "The USF Ricci Institute for Chinese-Western Cultural History".
Cet institut voue ses forces à des publications, au soutien de symposiums et de conférences et à la coopération entre spécialistes chinois et occidentaux dans le domaine de l'histoire des relations culturelles entre l'Occident et la Chine, avec un accent mis sur l'histoire du Christianisme en Chine et les valeurs de la société chinoise contemporaine.
Grâce à tout ce fonds et à la compétence de ses membres, cet Institut est devenu une référence obligée pour tous les chercheurs chinois et autres qui étudient l'histoire du christianisme en Chine et l'occasion de nombreux colloques internationaux.
Adresses Web et e-mail
Site : www.usfca.edu/ricci
Adresse : ricci@usfca.edu

MACAO
Macao, c'est 400 ans d'histoire chrétienne, le plus ancien avant-poste missionnaire en Asie orientale, comme le rappelle la célèbre façade de l'église du Collège Saint Paul, fondé en 1594.
Envisagé en 1994 à l’issue des célébrations du quatrième centenaire de la fondation de ce collège, premier établissement d’enseignement supérieur en Asie Orientale, l’Institut Ricci de Macau ne fut fondé qu’en 1999, au temps de la rétrocession du territoire sous administration chinoise directe, afin de mener des recherches dont les orientations sont:
  • la rencontre interculturelle dans l’ histoire de Macao;
  • l’incidence du développement économique de la Chine sur ses traditions culturelles et éthiques, principalement dans le monde des affaires;
  • la nouvelle quête spirituelle et les traditions religieuses présentes dans la modernité chinoise.
Sous la direction des PP. Luis Sequeira, Yves Camus et Artur Wardega, l'Institut organise des colloques avec des universitaires de Chine et d'ailleurs et publie une revue bilingue (chinois/anglais) Shenzhou Jiaoliu (" Confluences chinoises").
Adresses Web et e-mail
Site : www.riccimac.org
Adresse riccimac@macauctm.net


Ces quatre Instituts sous le patronage de Matteo Ricci sont, certes, bien distincts dans leur mode de fonctionnement. Mais, les occasions de collaboration ne manquent pas, et Internet fait le reste ...